La prise en charge du tabagisme des professionnels

Agir pour la santé des professionnels

En lien avec les autres aspects de la démarche LSST présentés dans des articles précédents sur ce site internet, la prise en compte du tabagisme des professionnels travaillant dans les établissements de santé est une nécessité. En premier lieu, ils sont impactés par la démarche LSST, la lutte contre le tabagisme passif par exemple, et il est important de proposer aux professionnels qui le souhaitent une aide dans leur démarche d'arrêt du tabac. Cela peut se traduire de multiples manières en fonction de l'établissement, des besoins recensés, de ses ressources et de sa dynamique interne, en voici quelques illustrations :

  • Soutien par des messages positifs et bienveillants de toute démarche d'arrêt ;
  • Mise en place de défis collectifs regroupant les fumeurs (et les non-fumeurs) ;
  • Conventionnement avec une ressource locale de tabacologie afin de faciliter l'accompagnement des professionnels qui le souhaiteraient (en dehors de l'établissement) ;
  • Accompagnement proposé par la médecine du travail et/ou le service d'addictologie/tabacologie ;
  • Mise en place de groupes d'échanges, de soutien et d'activités visant à renforcer la motivation à l'arrêt

Il est important de proposer des actions à destination des professionnels fumeurs pour ne pas les stigmatiser en mettant en place la démarche LSST, qui peut, à tord, s'entendre comme un lieu de santé sans les fumeurs. En effet, la démarche LSST a pour objet de débanaliser l'usage du tabac dans l'établissement, de le rendre moins visible. Cela impacte de facto le personnel fumeur pour qui il est nécessaire de proposer des alternatives ou a minima  un soutien. Par ailleurs, comme l'indique le BSP Hauts-de-France "tabac" de janvier 2019, 58% des fumeurs quotidiens déclaraient avoir envie d'arrêter de fumer. Les professionnels fumeurs des établissements de santé sont inclus dans cette donnée régionale.

Des actions à renforcer par la mise en place de la démarche LSST

D'après le graphique ci-dessus, il apparaît une diversité des situations en fonction des établissements de santé et des points mis en lumière par l'audit.

Tout d'abord, il semble que le premier axe à mettre en place soit le repérage systématique des fumeurs, grâce à l'implication de la médecine du travail. Cela peut nécessiter une sensibilisation à l'abord du tabagisme à son égard afin qu'elle puisse délivrer un message adapté à chaque professionnel fumeur.

Par ailleurs, on peut penser à la lecture du graphique que cette prise en charge du tabagisme chez le personnel est quelque chose qui se fait de manière "informelle" et qui nécessite, avant tout, une formalisation de l'action. En effet, les professionnels peuvent avoir été identifiés, un service de tabacologie (ou d'addictologie) est, à des degrés divers, à leur disposition. Il semble ainsi manquer une information claire et bienveillante, un engagement plus important de la médecine du travail mais aussi de l'établissement, en tant qu'employeur, pour faire de la lutte contre le tabagisme un axe de sa politique de santé au travail.

Cette faiblesse quant à l'information sur le rôle proactif et exemplaire des collaborateurs pour un lieu de travail sans tabac est à mettre au regard de l'engagement des établissements dans la démarche LSST. En effet, l'analyse des réponses en Hauts-de-France de l'audit nous montre que :

  • 51% des établissements répondants ne sont pas engagés dans la démarche,
  • 19% des établissements répondants envisagent un engagement dans la démarche dans les 2 ans,
  • 2% des établissements répondants envisagent cet engagement dans les 6 mois,
  • 25% sont engagés dès maintenant dans la démarche LSST
  • (3% ne se prononcent pas)

Ainsi, et cela vaut également pour les autres articles, les réponses présentées quant au soutien et/ou à l'accompagnement du personnel fumeur ne sont pas surprenantes car finalement seuls 25% des établissements sont engagés à l'heure actuelle dans la démarche. Envisager un engagement à court ou moyen terme peut permettre d'entamer un état des lieux ou encore certains chantiers mais cela nécessite du temps pour en tirer des résultats. Cela vaut bien sûr pour le tabagisme des professionnels, l'aménagement des locaux, la prise en charge des patients fumeurs, la formation, la communication....