Lien entre tabac et monoxyde de carbone

Le monoxyde de carbone (CO) est un gaz invisible, inodore et insipide donc indécelable, produit lors de toute combustion incomplète. Toute substance organique qui brûle en présence d’une faible quantité d’oxygène produit du CO : essence, feu de bois, de charbon, cigarette de tabac ou haschisch, cigare… 

Le monoxyde de carbone est un des nombreux composants toxiques de la fumée du tabac, car lorsqu’il est inhalé, il se fixe sur l’hémoglobine et prend ainsi la place de l’oxygène dans le sang. Il est toxique pour la santé des fumeurs comme celle des non-fumeurs.  L’intoxication chronique peut se manifester par une fatigue, des céphalées et des vertiges, auxquelles s'associent parfois des troubles digestifs, des palpitations et de l'angoisse.

Ce manque d’oxygénation de l’organisme en présence de CO chez les fumeurs réguliers, appelé hypoxie chronique favorise les problèmes de cicatrisation, mais aussi les risques cardio-vasculaires comme les accidents vasculaires cérébraux (AVC), les infarctus du myocarde ou encore les artérites d’autant plus que ce gaz a également la particularité d’altérer la paroi des artères.

Pour autant, l’organisme évacue ce gaz polluant rapidement grâce aux poumons permettant de se débarrasser en plusieurs heures de cette intoxication si la qualité de l’air est maîtrisée. Il est d’ailleurs possible de mesurer la présence du CO chez toutes les personnes l’ayant inhalé. Il faut néanmoins plusieurs heures sans fumer ou sans présence de ce gaz dans l’air ambiant pour l’éliminer.

Ainsi sa présence est mesurable dans l’air expiré grâce à un appareil de mesure appelé CO-testeur.

Outre les variations liées aux capacités de chaque individu, chez les fumeurs, la concentration varie en fonction du produit fumé, de la quantité fumée et de l’intensité des inhalations et du délai entre la mesure et la dernière cigarette.

La mesure est effectuée après une inspiration profonde et une apnée de 10 à 15 secondes, en demandant à la personne d’expirer dans l’embout prévu à cet effet lentement et le plus longtemps possible pour vider l’air contenu dans les alvéoles pulmonaires. La mesure est exprimée en Parties Par Million (ppm) ou en %. L’air ambiant, compte tenu des pollutions dues au chauffage, aux véhicules ou à une mauvaise aération peut contenir du monoxyde de carbone. De façon simplifiée, entre 0 et 5 ppm, il peut s’agir d’une production endogène ou d’une mauvaise qualité de l’air, entre 6 et 12 ppm, on décèle un tabagisme passif ou modéré, au-delà de 13 ppm révèle un tabagisme actif.

Cette mesure permet de rendre visible le degré d’intoxication du fumeur et ainsi facilite la prise de conscience de la nocivité du tabagisme. Toutefois elle apporte des informations précieuses pour accompagner le fumeur vers l’arrêt. Elle permet d’affiner un dosage de substituts nicotiniques ou de valoriser les arrêts de consommation dès les premiers jours de sevrage grâce à une mesure non-invasive et rapide. La répétition de sa mesure dans le suivi du sevrage pourra entretenir la motivation du fumeur.

C’est un outil qui permet de soutenir les professionnels qui souhaitent systématiser l’accompagnement du fumeur vers l’arrêt.